Les films & extraits vidéo


Sélection 2017/


Stanislav Dorochenkov
Edifices étoilés,
vidéo HD, sonore, 10'56'', 2016

En parallèle à ces nombreuses recherches, la passion d'Iliazd (1894-1975), maître d'œuvre mythique du Livre Moderne, ne tarit jamais. Il l'appelle son "vieil amour des voûtes et des dentelles de pierres". Il relève des centaines de plans des anciennes églises chrétiennes  (du IV au XI siècle) dont beaucoup se trouvaient dans les régions éloignées en Turquie, aujourd'hui démolies, ruinées ou transformées en mosquées. Reconnu en tant que byzantinologue de renom, Iliazd les baptise "Edifices étoilés", faisant appel à leurs constructions "au plan en croix". Cette forme migre de la Géorgie ancienne sur tout le bassin méditerranéen jusqu'à l'Espagne où elle commence à se répandre à partir du VI siècle.





EDIFICES ÉTOILÉS - ASTEROIDAL EDIFICES - TRAILER from Stanislav Dorochenkov on Vimeo.


 II


Mélissa Epaminondi
Il Grattacielo Nuovo, 
vidéo HD, sonore, 8'24", 2015

Il Grattacielo Nuovo est le premier édifice d'architecture moderne en Sardaigne, construit en 1965, visible de tous points de la ville. Jusqu’en 1970 une étoile lumineuse était installée à son sommet pendant les fêtes de Noël. A la même période, l’homme rejoignait la lune. Le film est une évocation de la chute des utopies.


Extrait: https://vimeo.com/178983327




 II

Cyril Galmiche
Video, 1920 × 1080 px, loop, 12'00, 2016


L’espace collectif est un paysage de prédilection pour l’expérimentation plastique non narrative du temps. Cette vidéo présente un plan fixe sur un carrefour parisien. Un jeu de confusion entre l’image fixe et l’image en mouvement est mis en place par un montage parallèle de deux réalités : la vie urbaine avec ses passants et ses véhicules, et son paysage. Dans cette vidéo s’opère une décomposition du temps par un principe simple de désynchronisation. Le mouvement des passants et des véhicules se disloque dans une chorégraphie perceptible par fragments, les éléments composant le paysage (signes urbains de Paris) venant camoufler une réalité simultanée. Les citadins se retrouvent emmaillés dans leur ville. Le découpage de la temporalité de la vidéo donne au spectateur une lecture et une compréhension singulières et incertaines de l’image.



II

Paul Heintz
Flying Mirror
Vidéo 4:3, sonore, 79 minutes 31 secondes, 2013

L’ensemble vidéo Flying Mirror donne à voir la ville de Nancy filmée depuis les airs par des caméras embarquées sur des pigeons.
L’idée de cette série vidéo est de produire des films aériens et aléatoires. Ces séquences hypnotiques perturbent la vision et emmènent le regard là où il ne va jamais.
« Flying Mirror déconstruit une représentation aérienne de la ville de Nancy perçue de façon aléatoire à travers le prisme étrange du battement d’ailes d’un pigeon voyageur dont le regard a remplacé celui de l’homme. L’attention échappe. Faut-il y voir l’expression d’une inquiétante étrangeté selon laquelle toute chose connue et familière devient inquiétante dès lors qu’elle ne possède plus les qualités immédiates de son identification1 ? C’est peut-être précisément dans cette double bascule d’un état à un autre de perception d’une situation, que se situe la nuance d’un travail artistique où l’image en mouvement est convoquée comme une construction pure tout en frôlant une dimension documentaire... »
Mickaël Roy, extrait de «Tic Tac ou le trouble du temps», pour l’exposition Tic Tac, Galerie du Crous de Paris, juin 2014.



 II

Romain Kronenberg
Rien que la terre, et de plus en plus sèche
vidéo 4K, stéréo, langue kurde, sous-titres français, 18 mn, 2016

Deux jeunes hommes sont installés dans le désert. Aucune âme à l'horizon. Ils attendent le retour d'un troisième homme parti en éclaireur. Les deux équipes restent en contact grâce à des radios. L'éclaireur explique le chemin qu'il accomplit et l'étendue désertique toujours plus vaste devant lui. Il raconte l'espoir qu'il place dans chaque pas qu'il fait. Les deux autres restés en arrière écoutent; ils projettent leurs espoir dans le futur et l'autre côté du désert. Mais la qualité du signal radio commence à faiblir, des crépitements se font entendre sur la liaison, de plus en plus fortement. D'abord indéchiffrable, la voix finit par disparaître. Les deux jeunes hommes se retrouvent dès lors seuls et sans nouvelles. Doivent-ils se lancer en avant? Rester où ils sont? La réponse qu'ils imagineront est finalement un paradoxe: que croire est aussi essentiel qu'est la conscience que croire est vain.
Avec Mehmet Korkut, Mazlum Adigüzel & Baver Doganay.
Traduction kurde par Kawa Nemir.

Extrait: https://vimeo.com/213977667






Sélection 2016/
Flora Basthier
Dissolution Urbaine
Vidéo numérique couleurs, sonore,  29'14, Jingdezhen (Chine), novembre 2015

Petite ville du sud de la Chine, Jingdezhen est le berceau de la porcelaine. Technique ancestrale et typique du pays, la céramique est omniprésente dans cette ville. A mon arrivée, j'ai été interpelée par ces hommes et ces femmes transportant les objets en porcelaine sur leurs charriots en bois. Entités d'une tradition, les vases d'une pureté blanche semblaient hors du temps du mouvement dense de la ville actuelle. C'est ainsi que l'idée est née de demander à l'un de ces transporteurs d'embarquer ma caméra filmant la déambulation fragile d'un pot traditionnel dans la ville moderne, pendant la durée d'un trajet, de mon studio de travail jusqu'au four public.
  


    II


Laure Catugier
ROOM 2 and ROOM 3
Vidéos, sonore, en boucle,  8’29 et 1’34’’, 2015

À travers deux protocoles utilisant uniquement mon corps comme instrument de mesure (marcher de manière constante le long des murs d´une pièce pour m2, ou bien taper dans les mains au milieu de la pièce pour m3), je cherche à capturer surface et volume de diverses pièces vides (logements, bureaux, etc). Le son et l´écho produits par ces gestes répétitifs sont ensuite mis en parallèle avec leurs réelles mesures.


II

Marie-Jeanne Hoffner
Building Backwards
Vidéo format 16/9, 28’45’’ couleur, son, 2008

Building backwards a été tourné en 2007 en Australie et se constitue d’un ensemble de portraits vidéos, des portraits de lieux vus par les souvenirs de leurs anciens habitants dans lesquels plusieurs descriptions formelles et sensibles, de Kalgoorlie à Melbourne, d'habitats et de villes, sont dévoilées par un arpentage mental et spatial.
Tout au long de ces portraits, il est question de ce qu’on ne voit pas, de ce que l’image ne peux montrer de ces descriptions personnelles. La vidéo est divisée en plusieurs parties: des visites successives de Eildon Mansion à Melbourne, de la ville minière de Kalgoorlie, de l’album souvenir de Catherine Bell et de la visite de la maison de famille de Peta Clancy, pour finir sur un arpentage mystérieux du village fantôme de Cook dans le désert du Nullabor.


II

Lucie Mercadal Das  Wunder des Badezimmers | 
The miracle of the bathroom
Vidéo format 16/9, couleur, sonore, 7'11", 2015


Un homme d’une soixantaine d’années, paisible, dispose soigneusement sur une petite table bleue le beau service à café blanc. Cette scène dominicale aurait pu être rassurante si seulement le plateau de la table ne reposait pas sur les pieds d’une jeune femme allongée. Le thème pictural de la nature morte est transposé dans un contexte cinématographique et performatif afin d’interroger le concept du confort moderne. La narration est-elle ici une fiction, une documentation ?


II

Johan Parent
Self Lavage,
Vidéo de 2,56 min, 2015
Self Lavage est une courte vidéo qui montre la mise en service, à vide, la nuit, d’une station de lavage automobile. Le kärcher se déclenche en rythme, comme un spectacle de danse. Cela renvoie aux premières créations machinistes du début du 20e siècle, comme le film « Le Ballet mécanique » de Fernand Léger (1924), qui relevait d’une fascination de l’époque pour les objets manufacturés et pour un idéal d’harmonie entre l’homme et la machine. Mais ici le ballet se fait sans l’homme, la machine a conquis son autonomie, jusqu’à l’absurde. L’action est désormais dépourvue de finalité et de temporalité : le déclenchement nocturne du dispositif fait basculer un fonctionnement banal vers l’inquiétant et le sauvage, dans un « décor urbain » que l’on ne contrôle plus.
Le plan montre un rituel, qui s’enclenche et se termine le temps du processus temporel de la machine. La dimension cinématographique est intimement liée à une dimension performative.




Sélection 2015/
Mali Arun
Déplacés (Chai Qian),
Vidéo format 16/9, HDV, couleur, sonore, 20’, 2011
Production : La Ruche Productions

"Je suis allée en Chine avec mes cheveux rouges à la recherche de ma grand-mère. Je n'ai rien vu qui ressemblait à ce que je connaissais." La nouvelle ville monte au ciel et les vieux quartiers sont détruits. Les gens sont déplacés de friches en chantiers. Du centre de la ville vers les banlieues lointaines. "Déplacés" est une déambulation, un regard sur une ville chinoise en pleine mutation urbaine.



                                     II

Cyril Galmiche
149 Boulevard Davout - Paris,
Vidéo format 16/9, couleur, muet, 7’08’’(en boucle), 2014


Cette vidéo est issue de la série « une journée », elle présente l'ensemble des temps de la journée du 12 mars 2014 au 149 boulevard Davout à Paris. Dans cette série, chaque vidéo dure 7 minutes et 8 secondes dans lesquelles le cycle d’une journée se retrouve compressé. À la différence du time lapse, ces vidéos réunissent tous les temps d’une journée dans une même image. Toutes les vidéos sont en boucle, le temps ne s’arrête jamais, norme intangible. Le point de vue est unique afin d’accentuer la picturalité des paysages mis en scène.
Ces accélérés d’une journée mettent en exergue la lumière. Elle se dépose sur l’architecture, intervient sur les volumes et change notre perception de l'espace. Elle crée des vibrations immatérielles grâce aux changements chromatiques des matériaux constituant l’espace urbain. La ville sert ici de décor, de réceptacle pour la lumière. Les ombres des nuages fuient et dégoulinent sur les bâtiments comme une mélodie ruisselante. Tentative de capter le rythme de la ville, ranger l’aléatoire pour le recomposer, embraser un paysage fourmillant, construire une perte de repère, telles sont les aspirations de ces vidéos.



II

Aurélie Gandit, Compagnie La Brèche
Trajet laryngo - claviculaire,
Vidéo danse, format 16/9, couleur, sonore, 13', 2013
Aurélie Gandit : conception et chorégraphie
Sylvain Riéjou : interprétation
Carlo Ciceri : composition musicale Thomas Guedenet : réalisation vidéo
Aurélie Bernard : régie générale
Co-productions : Cie La Brèche-Aurélie Gandit et Arsenal-Metz en scènes.
Une matière sonore qui donne à (re)sentir les mouvements du corps.
Un corps qui se nourrit de ces oscillations.
Des images qui glissent.
Des matières en mouvement continu.
« Depuis les premières Visites dansées dans les musées, je mène un travail polymorphe qui interroge – à travers la danse et le texte – les modes de perception des expositions d’arts visuels et les architectures qui les accueillent. Mes recherches oscillent entre savoirs et sensations, effectuant des allers-retours incessants entre la pensée et le corps, entre le discours (sur les arts visuels) et la pratique (de la danse). Je m’aventure sans cesse dans cet espace du regard, cherchant à incorporer les mots et à les mettre en mouvement pour construire un « corps pensant ». A.G.


II

Golnaz Payani et Mona Najafizadeh
Jardin baigné de grappes,
Vidéo format 16/9, couleur, sonore, 22'45'', Téhéran, Iran, 2013

Si la maison est un endroit qui isole notre intimité en nous offrant un moindre confort, je m'intéresse aux situations dans lesquelles c'est l'homme qui finit par prendre la forme du lieu où il réside, changeant son mode de vie pour réaliser le voeu de l'habitation.
Ce film est un exemple extrême d'une telle situation car cette fois, plus que jamais, le lieu de vie met à l'étroit la frontière entre vie et mort. Ici, les jours de l'homme ne sont pas en péril mais il doit accepter la mort comme un élément quotidien avec le sens de cette demeure ultime dans son voisinage.
Si cette cohabitation est devenue possible, ce n'est pas par soumission des habitants face à un certain destin, mais grâce à leur imagination et leurs rêves autour d'un habitat. Cette vision du lieu formée par lui-même, finit par transférer la fonction morbide d'un cimetière en celle chatoyante d'un jardin fleuri, où la terre riche nourrit le raisin sucré.



II

Guillaume Querré
Timeline 2,
Vidéo format 4/3, couleur et N&Bl., sonore, 2'47'', 2014


Ici est représenté un travelling de gare ferroviaire. 
Ce que l'on voit et ce que l'on entend sont une et même chose.
Timeline 2 est une vidéo réalisée à partir d'un logiciel de son : Garageband.
L'idée est de dessiner une partition sur la timeline du logiciel. De ce produit synesthésique, il en résulte un dessin sonore, qui s'apprécie à la fois « comme musique » et comme « dessin animé ». 

Video en ligne: https://vimeo.com/129820806





Sélection 2014/

Hayoun Kwon
Village modèle,
Vidéo format 16/9, couleur, sonore, 6’30’’, 2014

Cette œuvre s’intéresse au village de propagande Kijong-dong, qui se situe dans la zone dématérialisée séparant Corée du Nord et Corée du Sud. Véritable vitrine de luxe construite dans les années 1950 et orientée de façon à être visible depuis la frontière sud-coréenne, une observation poussée des bâtiments révèle que ceux-ci sont vides, à la façon des décors de cinéma.
Hayoun Kwon révèle l’aspect fantomatique et partiel de cette zone frontalière - une mise en scène dans un « lieu-décor » -, et nous plonge dans un voyage accompli par procuration. ?Le film témoigne de ce village fantôme dans son véritable état : un mécanisme de fiction. Un village inatteignable autrement que par l’imagination.

Extrait en ligne sur le site de la galerie


II

Didier Béquillard
Stillleben mit Flut, 
vidéo format 4/3, couleur, muet, 20'59''(en boucle), 2007

Dans la vidéo Stillleben mit Flut, j’ai photographié in situ dans le port des empilements de 6 containers, je les ai ensuite montés en vidéo avec de longues transitions afin que le passage d’une image à l’autre soit imperceptible. Cela répond à la perception que j’ai du paysage portuaire, il se présente comme une longue image numérique dont les pixels seraient les containers. Les murs de containers que le port offre en miroir à la ville sont toujours en mutation. Ils sont modifiés par le travail des transbordeurs qui fonctionnent comme un logiciel de retouche photographique, changeant la couleur d’un pixel ici en effaçant un autre là. Le container-pixel devient l’unité de mesure, l’objet le plus normalisé, celui qui règle la taille de tout ce qui s’échange dans le monde rythme aussi le temps et l’espace. Il s’immisce dans la ville sur les plate-forme des camions, serpente en longs convois ferroviaires, signe le début d’un prochain chantier, sert de remise au fond d’une cour d’immeuble, percé d’une fenêtre devient cabane de jardin. Mais s’il stationne c’est toujours du provisoire, le container nous parle de voyage, un jour ici, l’autre là, il est interchangeable, anonyme, on n’est jamais sûr de le retrouver à sa place le lendemain. On rêve pour lui d’une carte topologique, une carte à l’échelle du monde, elle garderait la mémoire de tous ses déplacements et s’inscrirait sur sa tôle d’acier comme un tatouage sur la peau d’un marin.
           

II

Laëtitia Bourget
Biotope, 
vidéo format 4/3, couleur, sonore, 17', 2001

L’existence quotidienne d’une vieille femme mise en relation avec les petites formes de vies parasites qui subsistent au cœur d’une cité d’habitats collectifs des années 1950-60.
Une sorte de milieu naturel sans logique industrieuse, simplement occupé par des petits êtres chacun à leur place. Un lieu idéal pour s’éteindre doucement.

Extrait: http://www.laetitiabourget.org/img/videos/biotope.mov


II

Benjamin Dufour et Régis Feugère
Few times, few Places,
vidéo HD, couleur, sonore, 10'43'', 2013
Production : CarréRotondes / CNA

Le paysage européen actuel tel que nous le connaissons est en grande partie le résultat de siècles d’aménagements, de décisions, visant à accompagner le développement de l’Homme sur son territoire. Nous contemplons le plus souvent un paysage manufacturé, continuellement en chantier. Ce gigantesque chantier est le fruit de choix émanant d’institutions publiques ou privées, démocratiques ou non. Diverses activités humaines, juridiques, politiques ou économiques rythment et modifient l’environnement en permanence. Few times, few places dresse un portrait des lieux dans lesquels ces activités sont concentrées. La notion de paysage évoque parfois une surface sur laquelle on pose un regard. Ici, il s’agit de remonter à la source de cette surface.

    
  II

Carole Fékété
Les Baraques-Plage (Sangatte, 2013), 
film HD, noir et blanc, sonore, 14’35'', 2013

Une caméra subjective longe la plage de Sangatte Blériot, faisant apparaître l’une après l’autre des baraques alignées sur plusieurs centaines de mètres. Ni récit ni narration, le film propose une déambulation le long de ces fragiles habitations. La mer en vis-à-vis, absente de l’image, est restituée par la bande-son. Face à la mer, les gîtes bricolés et précaires sont clos comme autant de chambres noires dont le contenu ne nous est pas révélé. Cette marche obstinée semble chercher quelque chose dans le paysage fantomatique d’une côte qui s’est appelée « Mur de l’Atlantique ». Avec une attention portée à la mémoire et à ses fluctuations, le film progresse autour d’un dialogue entre l’élaboration du souvenir et la forme de l’enregistrement.




  II

Anne-Marie Filaire
Enfermement, 
vidéo format 16/9, noir et blanc, muet, 45’ (en boucle), 2007

"J'ai commencé à photographier les paysages de Palestine en 1999. En 2004, la construction du mur a commencé autour de Jérusalem, c’est là que j’ai entrepris ce travail de relevés de terrain et c’est à cette période que mes images sont devenues des panoramas.
C’était une période de très grande tension et le contact était rompu entre les populations (époque des attaques suicides, des attentats contre les bus …). J'ai commencé, à faire des relevés de terrain, à enregistrer les paysages autour de Jérusalem pour en conserver la mémoire.
Ce n’était pas un travail facile car je travaillais avec un matériel lourd, j’avais aussi des documents, images de références, grilles de lecture, c’est un travail de terrain technique qui demande de la précision. Je devais m’installer et être visible pendant les prises de vue ce qui n’était pas toujours sans danger. Je travaillais seule.
Travailler à Jérusalem et en Palestine m'aura demandé de travailler dans la durée. La rencontre avec cette violence et de la nécessité d'en témoigner.
Je dois préciser que j'ai toujours travaillé des deux côtés aussi bien en Israël que dans les Territoires palestiniens et que mon travail s'est situé dans ce mouvement, c'est une investigation du transfert, je n'ai pas voulu représenter l'enfermement mais j'ai travaillé dedans. Le mur n’a jamais été le sujet de mon travail.
Ce qui reste dans les images c'est un déploiement de l'espace alors que paradoxalement il se fermait, c'est la description des formes et des espaces de ces zones frontières, elles témoignent avant tout de la violence faite aux paysages, de l'occupation et de la destruction.
Le défi aura été de tenir le projet dans le temps et la rigueur du processus de travail sur le terrain, conditions nécessaires pour témoigner de cette violence, car le paysage se transformait constamment sous l'emprise d'une stratégie d'occupation et d'enfermement.
Et puis par la suite le défi aura été pour moi de me libérer de ce temps. J’ai décidé d’arrêter les prises de vue fin 2007 car à cette époque la construction du mur était terminée à Jérusalem, si j’avais continué à faire des images, à revenir sur les lieux pour les photographier à nouveau, j’aurais détruit ce que j’avais fait. Les lieux ne changent plus vraiment, ça devient plus « propre », les gens qui y vivent ne sont plus les même. Si j’avais continuer à produire des images, elles auraient absorbé les autres. Je voulais par cette décision conserver ce temps très particulier de la fermeture, ce temps d’une très grande violence.
Ce qu’il y a de plus violent dans ces images c’est le vide.
Anne-Marie Filaire,
NB : Les photographies de ce film font partie de la collection de CAMP « Contemporay Art Museum Palestine »



II

Patrice Goasduff
Le chemin critique, 
dvcam, documentaire, couleur, sonore, 49', 2009 
Production Vivement lundi! - 40mcube - Tv rennes 35

Après 31 Bd. Magenta et Parpaing, Le chemin critique est le troisième ?lm d’une trilogie consacrée au chantier que j’ai entrepris en 2004. Chaque ?lm donne à voir un chantier sous une forme différente comme une machine à perturber un espace contraint de la ville, un élément constitutif de la transformation de la vie de tout un chacun, le cadre d’un théâtre des représentations. Trois ?lms, trois points de vue, trois chantiers. ?Le dernier opus vient en contrepoint du premier qui consistait à observer d’un point de vue unique et ?extérieur un chantier de construction. Le chemin critique prend le parti pris de pénétrer à l’intérieur d’un ?bâtiment mis à nu par un chantier de rénovation. Ici, je ne m’intéresse pas à la belle enveloppe extérieure ?du bâtiment donné à voir aux passants, je montre le chantier interdit au public, les dessous... ?La rénovation consiste à déposer un décorum, à transformer les espaces et à poser un nouveau décor. Dans ce ?lm, je suis trois personnages qui chacun, selon sa fonction, me permet d’aborder ce chantier de façon complémentaire. Le Gardien, détenteur des clefs et des secrets du bâtiment, c’est lui qui ferme le bâtiment qui mute en chantier. Le Directeur technique, référent de l’utilisateur du bâtiment, il suit l’avancée des travaux. Le Coordinateur des travaux, acteur central du chantier, est chargé de sa bonne marche. ?Sur un chantier, le chemin critique est le terme employé pour désigner l’organisation des interventions ?techniques et des tâches à réaliser de manière chronologique jusqu’à la date de ?n envisagée du projet. Sur le papier, il prend la forme d’une sorte d’arbre généalogique complexe. C’est dans cet univers que je promène le spectateur, dans un univers de poussière et de béton, dans un univers d’hommes dans lequel chacun tient son rôle.



II

Julie Savoye
Nature Morte, 
vidéo format 4/3,couleur, sonore, 2'39'', 2011

En 2010, j’ai commencé un travail vidéographique dans l’idée de répertorier différentes logiques de construction/déconstruction de la ligne dans l’espace d’un lieu.
Chaque vidéo découle alors d’un protocole préalablement développé à l’aide de maquettes, de livres et de dessins basés sur la géométrie.
Les vidéos sont pensées comme des performances, les actions, les œuvres mises en place n’existent que le temps de l’enregistrement.
Après ce travail de recherche, des volumes, des installations sont alors réalisés. Chacun utilise le mécanisme acquis dans précédentes réalisations. Les volumes sont indépendants, les installations fonctionnent pour et par un espace donné.
Nature Morte a été réalisée à Norwich (UK) dans un bâtiment administratif désaffecté. Une marche suit le rythme de la main gauche d’une partition écrite par Philippe Sarde pour le film La Grande Bouffe (1973).
Dans cette vidéo, on retrouve une œuvre construite à l’aide d’un multiple déployé dans l’espace vide et abandonné. A chaque pas, emporté par la musique calme et mélancolique, le temps passe et l’œuvre de papier se transforme, se déforme. Les monticules patiemment construits à la main sont petit à petit écrasés sous le poids d’une enjambée faisant place à une déambulation destructice et funèbre, douce et enivrante.
Le titre Nature morte renvoie, à la fin du parcours, coïncidant avec le temps de la musique et celui de la vidéo, à ce qui reste, devenu maintenant absent pour le regard : un lieu « désœuvré », des lignes déstructurées composées de volumes altérés et autrement figés.
Les monticules mis en scène dans le plan séquence sont reproductibles à l’infini, ici au nombre de notes nécessaires. 2’39’’ est la durée de leur existence.

Extrait : http://vimeo.com/user8495945/videos






Sélection 2013/
Hélène Agofroy
"Arrangements", 
vidéo format Full HD, 23',couleur, sonore, 2012
Producteur : Lowave (Silke Schmickl); Caméra : Quentin Balpe ; Son : Margot Testemale; Interprètes : Aurore Obellianne, Benjamin Robert Degude; Chef décor : Antoine Proux; Constructeurs Décor : Antoine Proux, Gaspard Mercier.

Le film Arrangements suit les transformations d'une petite maison selon six scénarios de vie, tout au long du 20ème siècle jusqu'à maintenant.
Hélène Agofroy a vécu jusqu'à l'adolescence en face de l'usine à laquelle cette maison était accolée. De ces souvenirs sensibles, elle extrait un élément, le seul qui ait survécu à la fin de l'industrie textile, cette petite construction, maintenant déplacée au pied de terrains de tennis, sorte de maison témoin du passage de l’industrie aux loisirs.
Dans une construction de 27m2 réalisée en studio selon les mesures réelles de la maison, deux acteurs agissent. Ils aménagent et transforment cet espace selon les critères de six situations historiques qui s'enchaînent. La 1ère évoque un pavillon pour déjeuner l'été, la 2ème un refuge pendant la guerre, la 3ème une cantine d'usine, la 4ème un entrepôt et un lieu improvisé de jeux d'enfants, la 5ème signifie son déplacement et sa reconstruction, la dernière un club de tennis. Le film se termine sur un diaporama : une maquette de la maison photographiée de par le monde.
Chaque situation est amorcée par une voix-off qui évoque une courte scène de la période historique concernée. Elle fait place ensuite à l’action des déménageurs et à leurs réflexions dans cet espace chaque fois modifié.
Les acteurs traversent le lieu et l’histoire et situent le jeu dramatique par la place qu’ils prennent dans l’aménagement du décor. Leur implication et leur rôle se modifient au cours du film. Ils prennent successivement le rôle d'installateur, de témoin, d’enquêteur, de constructeur, de photographe ou de l'artiste dont ils sont en quelque sorte la projection.
Entièrement réalisé en studio, Arrangements place la notion de décor au centre des interrogations autobiographiques de la réalisatrice dont le travail se situe entre installation, dispositif, film et performance. La reconstitution forme un espace fictionnel en perpétuelle configuration et se confond, en fonction des différents agencements activés par ses occupants-acteurs, avec un lieu de projections mémorielles où viennent se confondre les récits personnels avec le fil continu de l'Histoire.
Arrangements a été présenté pour la première fois en mars 2013 au Centre Pompidou Paris dans le programme FILM.



II

Paul Collins et John Armstrong
"Four Sisters", 
vidéo format 16/9couleur, muet ou ciné-concert live, 77', 2008

Four Sisters est le film que nous avons tous imaginé, encore enfant, quand l'ennui d'un voyage en voiture était ponctué par le rythme et les motifs créés par le passage des cables électriques, des poteaux, des arbres et des maisons, immeubles et publicités.
Four Sisters est une séquence vidéo muette de 77 minutes, filmée sur la Gardiner Expressway, la rocade qui borde le Lac Ontario, à Toronto. Nous allons d'est en ouest, puis d'ouest en est, un aller-retour, puis encore un aller. La caméra est pointée vers le nord, vers le centre ville, avant de tourner vers le sud et le lac. Une bande de texte défile sur l'image, racontant 23 anecdotes en anglais et parfois en français. Ces histoires banales parlent de la vie à Toronto et à Paris, des voyages, des coïncidences, de moments d'épiphanies mineures dans les vies des deux artistes. Paul Collins et John Armstrong


II


Badr El Hammami
"Mémoire #2"
vidéo format, 4/3, 6', noir et blanc, muet, 2012


En revenant au Maroc sur les lieux où, enfant, il effectua sa scolarité, Badr EL HAMMAMI imagine une variante de la photographie de classe. Suivant le chemin possible de la mémoire qui remet en mouvement des images figées, l'illusion photographique de Mémoire # 2 s'anime lentement. Mais à l'instant où nous voyons revivre cette fantasmagorie du passé, nous sommes éblouis par les reflets du soleil sur les miroirs. À l'aide d'un appareillage fruste, les protagonistes de cette chorégraphie du souvenir exécutent, tour à tour sous nous yeux, un fabuleux exercice de disparition. La mémoire s'efface en même temps qu'elle s'écrit à la manière d'une encre symphathique délivrant un bref instant son secret.
Olivier Marboeuf 




II



Raphaël Grisey 
"MINHOCÃO (THE BIG WORM)"
Video 31 min, stereo 16/9 – HD – color and B&W – 2011

With support of the residency programm Capacete and the french consulat of Rio de Janeiro.
Minhocão (Le grand Ver), ainsi surnommée par ses habitants, cette immense barre de logement social ondoyante de Rio de Janeiro – nom officiel : Conjunto Habitacional Pedregulho – a été construite à partir de 1946 par l’architecte Eduardo Affonso Reidy. Une voiture équipée d’une sono parcourt ce quartier nord de la ville en diffusant un texte écrit par celui-ci sur les principes architecturaux “modernes” qui ont régi la conception de l’édifice. La vidéo intègre également des interviews d’habitants et autres scènes d’intérieur ainsi que des extraits sonores du film de fiction Lucio Flávio, the passenger of agony (produit par Hector Babenco, 1977). Elle pose notamment la question de la patrimonialisation d’une “unité” de logement social qui est sur le point d’être rénovée après cinquante ans d’abandon et de gestion autonome.





                                  II

Barbara Noiret
"C’est à dire",
Vidéo couleur, durée 4’30’’, 2005,
Domaine de Chamarande, centre d’art contemporain
Commande autour de la mémoire du château

« Le temps de chaque séquence, il arrive quelque chose aux choses que représentent ces images pourtant presque fixes. Il arrive quelqu’un qui déplace, dérange ou modifie un point précis du cadre, pour faire un usage précis des lieux - exploration fastidieuse ou simple passer-par-là. Dans le cas précis de ces narrations minimales, la vidéo est une photographie qui dure longtemps. » 
Eléonore Espargilière









Sélection 2012/

Claire Angelini
"La guerre est proche", 
vidéo format 4/3, 80',couleur, sonore, 2011


Ce film est consacré au camp de concentration français de Rivesaltes (Pyrénées orientales), édifié en 1936, aujourd’hui pudiquement nommé « camp militaire abandonné » sur les cartes de la région.
Pourtant ce film n’est pas consacré à un lieu de mémoire (un projet de mémorial, bientôt, vouera à la disparition une grande partie du camp), mais aux mémoires du lieu. Via les données concrètes et physiques du terrain, de ses bâtiments ruinés, La guerre est proche rencontre l’historicité du lieu en prenant la mesure de son actualité brûlante : la question des réfugiés, des camps de rétention, des «personnes déplacées». Topographie de ville fantôme à laquelle des témoins donnent corps (quatre personnages prennent tour à tour la parole en une manière d’oratorio). Narration que troue une béance, celle des témoins absents déportés plus loin, dans les camps d’extermination, qui ne sont là que dans le discours des autres. Présence insistante du vent, sifflements chuintants des éoliennes mêlés aux crissements des cigales. Ciels tourmentés, malingres arbustes.
Ce film cherche moins à tirer les leçons de l’histoire qu’à nourrir le présent d’une histoire qui, tel un miroir aveuglant, le concerne au premier chef.
Claire Angelini



II

Gilles Balmet 
"Laser game"
vidéo format 16/9, couleur, sonore6'32", 2008
Laser Game est le résultat d’une déambulation en aveugle, en pleine nuit dans mon atelier avec un niveau laser comme seule source d’indication de l’espace environnant. Cette ligne rouge vif filmée avec un appareil photo numérique se brise et se reconstitue en permanence en fonction de l’espace, des murs et des objets qui ponctuent l’atelier. Je me cogne dans de nombreux éléments, déambulant lentement entre les oeuvres, les outils ou les détritus posés sur le sol en parquet. La bande sonore mystérieuse composée par les chocs divers occasionnés par mes déplacements hasardeux laisse planer le doute sur la nature exacte des objets croisés lors de cette promenade nocturne. La vidéo est encadrée par l’ascension d’un escalier de bois grinçant et sa descente qui clôt la vidéo.
Gilles Balmet



II

Clément Darrasse 
"Hum"
vidéo format 16/9couleur, sonore, 5'17", 2010

Cette vidéo a été réalisée au Chili, dans le désert d’Atacama, dans la salitrera d’Humberstone, cité minière productrice de salpêtre pendant l’ère industrielle jusqu’en 1960, année où elle fut laissée à l’abandon sous la pression économique de l’arrivée des engrais chimiques.

En proie aux vents et aux stigmates du temps, les rues de cette ville devenue fantôme abritent les empreintes chargées et émouvantes de ces ouvriers pampinos qui y ont consacré leur vie dans des conditions de travail extrêmes.

Conçu à Humberstone - Atacama à l'incitation de Dorothy-Shoes lors de la réalisation de son projet TAPS, Hum. est un film révélant la vie sonore et les mouvements discrets de cette ville fantôme en plein désert. Les trois premières lettres du nom Humberstone ici choisies pour titre, en anglais, signifient fredonnement.

Clément Darrasse


II
Olivier David 
"Ludodrone" vidéo format 4/3photographies et images 3D virtuelles, couleur, sonore, 4'36", 2010

La vidéo Ludodrone associe photographies, animation et modélisation 3D; “duotopie” d'un lieu de transit (escalier,rampe d'accès aux quais, hall de gare). La doublure virtuelle lovée au creux des espaces photographiés est arpentée par un origami; robot organique, jouant de ces propriétés de reproduction et d'effacement.
Deux temporalités se rencontrent dans ce collage, ce compositing: le temps photographique comme capture du réel, expérience physique d'un lieu pour le photographe et le trouble d'un temps inouï;le futur antérieur comme temps de la reconstitution et de l'anticipation conjuguées. L'image photographique produit l'expérience simultanée d'un passé/présent dans son actualisation par le regard et d'un présent/passé de ce de ce qui a été, de ce qui a eu lieu. Ludodrone est une combinaison de ces strates temporelles où des évènements, des nappes sonores, cristallisent le flux vidéo et la reptation d'un origami de synthèse.  
la domotique comme relation distante au lieu et système de calcul de l'historique, de l'anticipation des évènements au sein et autour d'un habitat, d'un bâtiment, en serait la fiction réalisée.
Cette expérience troublée du présent, au travers des médiums photographiques et vidéo-graphiques virtualisés, s'intensifie via le développement et la convergence probable des technologies des “réalités” dites augmentées ou diminuées, associées au feed back en temps réel.Les espaces et les lieux ne deviendraient-ils pas les réalisateurs de nos propres usages et expériences de notre présence au monde ici et maintenant?
Olivier David




II
Nelly Massera
"Nuit étoilée"
vidéo format 16/9, couleur, sonore, 9'08", boucle, 2010
Un espace de projection plongé dans le noir total. Le regard doit s’habituer à la pénombre.
L’image vidéo est prise de nuit, un espace planté d’une architecture sommaire, parcouru d’une faible lueur, se dévoile péniblement. Le son omniprésent d’une eau qui coule, cyclique, emplit l’espace. Le ciel tonne, la pluie tombe et se mêle au son de la fontaine. Une lumière, violente, blafarde, presque irréelle, flashe la scène et la révèle furtivement au spectateur ; suit le bruit de l’éclair qui déchire l’espace. La fréquence des éclairs augmente, la pluie s’intensifie, le son se densifie, le hurlement des loups se joint à la scène.
Je filme dans un zoo la nuit, un zoo vidé d’une partie des êtres qui l’habite le jour et font sa raison d’être. Dans la nuit je suis venue chercher le basculement, celui où le regard s’inverse, le moment du jour où notre vue fait défaut, à contrario de la bête qui nous regarde et prend le dessus poussée par notre imaginaire habité de rêves, peurs, contes, légendes et mythes. Ma caméra s’arrête sur un enclos vide, espace plongé dans le noir, trou noir architecturé, parc de loisir miniature, entre vie et mort. Autour le monde gronde, le ciel se déchire, l’éclair montre, électrise, brule la scène puis le noir retombe.
Nelly Massera

II
Guillaume Meigneux
"Santo Domingo n°863" vidéo format 16/9couleur, sonore, 6'00, 2007
Quiconque est déjà resté sur une place publique à observer ce qui s’y passe se rend bien compte qu’il ne garde pas un souvenir linéaire des différents moments dont il a été le témoin, mais qu’il emporte dans sa mémoire une succession de fragments temporels dispatchés dans l’espace. C’est sur cette impression que repose la vidéo Santo Domingo n°863 en prenant pour toile de fond une architecture spécifique du Chili.

Santo Domingo n°863 est l’adresse d’un centre commercial populaire, en plein cœur de Santiago, construit sur le modèle insolite des « caracoles » (littéralement « escargots » en espagnol).

Fortement développés sous la dictature, ces centres commerciaux, organisés autour de longues rampes en spirale, ont été peu à peu détrônés par le principe nord-américain des « mall center ». Aujourd’hui, les caracoles rythment la trame urbaine de Santiago comme autant de rues verticales en marge de la société, récupérés par toutes sortes d’activités plus ou moins licites.


Guillaume Meigneux
II

Paul Pouvreau
"La cabane" vidéo format 16/9couleur, muet, 12', 2004
La Cabane a été réalisée dans le cadre d'une résidence au centre d’art de Pougues-les-Eaux. La durée du film est de 12 minutes, elle est le condensé d'un tournage qui a duré environ six mois pendant lesquels une architecture en carton construite dans le parc du centre est altérée par les aléas du temps et des intempéries.

Cette vidéo se présente comme un long temps de pose photographique et montre en un plan fixe et serré, les modifications que subit cette architecture jusqu'à son effondrement.

Ici, la façade de l'architecture s'apparente à une grande plaque sensible sur laquelle se projette une succession de formes apparaissant et disparaissant comme des images.

Ce que l'on mesure également au final, c'est que le moment de la chute, cet ultime point de l'équilibre ou du déséquilibre, n'est pas enregistré. De manière symptomatique, manquent l'instant et l'instantané.


Paul Pouvreau

II

Skander Zouaoui
"Constructions" vidéo format 16/9couleur, sonore, 3'30", 2011
Dans ma pratique, les vidéos récentes dont le dispositif est toujours minimaliste, poursuivent les recherches développées en dessin ou en volume. Le son transpose autrement la matérialité de l'objet et la possible narration ouvre le champ vers d’autres horizons. Ce qui est en jeu dans cette vidéo, c'est un ensemble de tensions et de pressions. Chaque bulle de savon est le fruit d'un équilibre entre une pression externe et interne, séparées par une fine enveloppe d'eau savonneuse. A chaque souffle se rajoute une nouvelle donnée à l'équation complexe et précaire formée par cette architecture-reflet. L'ensemble se déploie sur un disque qui définit et contraint le territoire possible. Les bulles se succèdent, se repoussent, s'équilibrent en un tout. Plus le nombre de celles-ci s'accroît, plus l'espace disponible sur la surface du disque diminue. Aussitôt que la dernière bulle est soufflée, l'édifice s'écroule, chaque éclatement entraine une recomposition, une recherche d'équilibre, une série d'évènements en cascade qui s'achève sur un disque à la surface plane.


Skander Zouaoui





II